Association des officiers des Affaires maritimes Corps Technique et Administratif

Sauvetage en mer, Surveillance du Trafic maritime, Inspection des navires en matières de sécurité, de protection de l'environnement, et de sûreté, Audits qualité... Une navigation plus sûre et moins polluante sur les eaux et les navires français !

mardi 2 juin 2009

Le sauvetage au long cours : l'ekranoplan

alekseiv_orlyonok_23

Le sauvetage en mer doit beaucoup à l'hélicoptère, cette machine dont les constructeurs aiment à dire qu'elle a davantage sauvé que tué (à croire que les hélicoptères décident par eux-même de leur emploi...). Même si les américains, notamment, ont poussé le concept dans ses limites en termes de capacité d'emport et d'autonomie à travers les grues volantes des années 60, le Chinook de transport de troupes, ou le Super Stallion, au final le rayon d'action des voilures tournantes reste modeste par rapport à l'endurance des avions. La tragédie toute récente de l'Airbus du vol Air France 447 démontre que la recherche et le sauvetage à très longue distance donnent toujours du fil à retordre aux services spécialisés, et que seul l'avion dédié à la patrouille comme l'Atlantique franco-allemand, ou encore le Lockheed C-130 équipé de senseurs radioélectriques, permet de longues heures d'investigations -un préliminaire à l'assistance directe une fois les navires ou aéronefs en détresse localisés.

Quand bien même, dans le cas du vol de Rio à Paris, la distance du lieu de crash probable par rapport à la côte est trop importante pour permettre l'intervention de moyens aériens qui pourraient, comme un hélicoptère, marquer le point fixe et interagir avec d'éventuels survivants -ou tout autre point d'intérêt : les corps bien entendu, et les boîtes noires.

Le complexe militaro-industriel soviétique a pourtant produit des véhicules capables d'assurer à la fois de longs vols de recherche, et une assistance sur site. Il s'agit de curieux appareils développés durant la guerre froide, initialement pour le transport de blindés légers et de troupes d'assaut, ou la mise en oeuvre de missiles de croisières. Ces curieuses péniches volantes, dont le concept est basé sur l'effet de sol, sont désignées sous le terme "ekranoplan". Le modèle qui a été le plus produit est l'Alekseiev Orlyonok, propulsé par les turboporpulseurs d'avion les plus construits au monde, ceux de l'Antonov 22. alekseiv_orlyonok_18Ces machines étonnantes sont capables de décoller d'un plan d'eau agité, et de voler à près de 300 noeuds sur des centaines de kilomètres, puis d'amerrir et de déployer des équipements SAR, voire du personne médical ou de lutte anti-incendie, puis de redécoller. L'Organisation Maritime Internationale leur a consacré un référentiel technique spécifique, et les a affublé en Français du baptême "navion" (contraction de navire et d'avion).

Hélas, hormis quelques plate-formes de développement et des modèles soviétiques rachetés par des opérateurs privés à Dubaï ou en Afrique du Sud, ces étranges oiseaux ne volent plus. Enfin, quand on dit voler... "Parachié nadvolnami" : sauter sur les vagues en Russe, tellement la sensation de vol est altérée par la proximité de la surface. En anglais, le terme décrivant l'effet de sol a été retenu :"Wing in ground" ou WIG est en effet la dénomination générique des ekranoplans. Une page très bien documentée leur est consacrée : http://www.se-technology.com/wig/index.php

 

CM

Posté par cmerit à 22:12:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,
« Accueil  1